Ces dernières années, le nombre de personnes souffrant de surcharge pondérale a augmenté dans le monde. Près de 42 % de la population adulte sont en surpoids dont 11 % sont obèses. Les personnes souffrant d’obésité sont souvent accusées. La société leur reproche d’être en surpoids par manque d’exercice physique ou par gloutonnerie. Mais l’obésité est une maladie chronique. C’est d’ailleurs ce qui a fait que l’Organisation Mondiale de Santé l’a déclaré comme étant une maladie en 2008.

Le surpoids et l’obésité permettent à plusieurs maladies non transmissibles d’attaquer l’organisme. Parmi ces maladies figurent les maladies cardiovasculaires, la diabète du type 2 et certaines formes de cancer. Il est nécessaire de se prendre en charge face à ces deux pathologies.

Un risque d’échec très élevé

La majorité des personnes qui font des régimes pour perdre du poids, échouent avec le temps. Certaines arrivent à maigrir un peu puis quelques temps après gagnent plus que ce qu’elles avaient perdu avant. Ce changement de poids, communément appelé « effet yoyo », entraîne un impact négatif non seulement sur le côté psychologique mais aussi sur le plan physique . Le corps souffre lors des régimes puis reprend souffle lorsqu’on s’arrête. Ce qui n’est pas le cas du métabolisme qui ne parvient pas à trouver un moment de répit.

Lorsqu’un individu veut perdre du poids, le plus difficile pour lui serait de maintenir cette perte de poids mais pas de le perdre. Généralement, pendant les périodes de régimes la personne respecte les consignes. Puis elle reprend ses habitudes après constatation d’une réussite et reprend du poids de facto. Le fait que ces habitudes soient d’ordre alimentaire ou d’ordre accoutumance, n’impacte pas le résultat final.

Attaquer le fond du problème

Le problème ne se trouve pas dans l’alimentation mais dans la façon de s’alimenter. Avec les obligations quotidiennes, rares sont les personnes qui prennent conscience de ce qu’ils avalent. En général, les repas se prennent à la sauvette : devant son ordinateur en travaillant ou en faisant les devoirs sur les cahiers. Ce sont ces mauvaises manières de manger qui affectent l’organisme et entraînent le surpoids ou l’obésité.
Le “mindful eating” traduit comme manger consciencieusement est l’art de se nourrir en toute conscience. Cette manière de se nourrir demande plus d’attention à ce qu’on veut, à ce que l’on mange, etc. A la différence des régimes, l’alimentation consciente n’implique pas de règles ou de directives, il s’agit plutôt d’une expérience individuelle. En effet, personne n’a la même expérience avec la même nourriture à chaque fois. L’idée est que les individus aient leur propre expérience alimentaire. Qu’ils soient plus réceptifs par rapport à ce que leur corps leur réclame sans avoir la sensation de se priver.

Comment se déroule une alimentation consciente ?

En mangeant en toute conscience, le patient apprend d’abord à savoir pourquoi il veut manger. Ainsi, il commence à connaitre son corps et gérer ses envies de nourritures. Le fait d’apprendre à gérer ses pulsions alimentaires permet déjà de réduire la quantité ingérée.

Lors des repas, il lui est suggéré d’utiliser des assiettes sobres. Cela permet d’apprécier plus tard les couleurs et les formes des nourritures. La mastication joue un rôle important dans cette méthode. L’intéressée apprend à manger doucement en mastiquant bien son repas. Au départ cela paraît indécent mais avec le temps cette habitude lui permettra d’apprécier son repas d’une autre manière. Il est à noter que dans l’alimentation consciente, les repas se prennent loin de tous les écrans et tous ce qui ne se rapportent pas au fait de se nourrir.

Par la suite, le patient apprend à savoir de quoi a-t-il faim ? Il commence à savoir aussi s’il est rassasié ou pas, et surtout pourquoi il ne l’est pas. Pour faire court, la personne connaît ses besoins et la manière de les combler. Sur le long terme, cette méthode entraîne même le patient à apprécier de faire la cuisine et à ne plus faire des excès de table.